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L'architecture bouge, parce que la ville bouge, parceque le monde change. Vite, toujours plus vite. Développement durable, explosion démographique, exode rural, migrations de masse, mégapoles...Le monde de demain sera massivement urbanisé: nous ne devons pas le rater une nouvelle fois. Architectes et urbanistes travaillent pour des villes meilleures, plus respirables, plus civilisées. Les travaux publiés sur ce site s'attachent à contribuer à cet immense chantier par des solutions artistiques aux problèmes esthétiques que posent les bâtiments nécessaires à notre temps. Ceux-ci sont, comme autrefois, des objets massifs et imposants. L'aspect visuel d'un édifice fait donc partie de sa qualité environnementale et l'architecture contemporaine, qui s'apparente souvent au design industriel, ne réussit pas toujours à remplir cette exigence. Pour être complètemenment HQE, un batiment doit, outre limiter son impact environnemental global, améliorer visuellement le site qu'il occupe. Nous ne pensons pas qu'il faille opposer le design industriel moderne au langage traditionnel, mais les réconcilier. Les solutions tirées du passé sont toujours valable, évidemment à réinterpréter, selon trois initiales: Ornement, Matériau, Héritage.
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Architectes et urbanistes
http://www.arcas.be/
Les projets (photos) et travaux théoriques du remarquable cabinet d'architecture belge ARCAS et de son "principal partner", notre ami Maurice CULOT
http://wirednewyork.com Leon KRIER, célèbre architecte luxembourgeois et théoricien de l'urbanisme. Sur ce site, nombreuse photos de son chef d'oeuvre, la ville de Poundbury (UK), l'une des réussites incontestable du mouvement "new urbanism".
http://www.makovecz.hu
Imre MAKOVECZ est un architecte hongrois très étrange, inspiré originellement par Wright. Ses créations peuvent être appelées "organiques", et évoquent parfois Gaudi, avec une utilisation massive du bois. Les génies de ce genre sont trop rares.
http://www.avoe.org/
Site du cabinet italien Tagliaventi. AVOE signifie "a vision of Europe". Leur credo: "Concevoir, publier, communiquer pour construire des villes belles et vivables." Un site très complet
http://architecture.nd.edu/
Vous voulez devenir un architecte classique ? La prestigieuse université de Notre Dame, dans l'Indiana, enseigne l'architecture depuis 1898.
http://valdeurope.typepad.com/ Blog d'une grande richesse sur les opérations en cours à Val d'Europe. Nombreuses photos
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Palais russe, décadence.
27/01/2011 |
La polémique sur l'implication réelle ou supposée de Vladimir Poutine dans ce projet ne nous intéresse pas ici, pas plus que les dessous de l'opération qui relèveraient de la pire corruption. Ce qui nous occupe, c'est la tentative par un maître d'oeuvre aux gros moyens financiers, en l'espèce un "oligarque" russe, de réaliser un palais "à la manière" du Peterhof près de Saint-Pétersbourg. C'est la concordance du projet avec cet objectif qu'il s'agit ici d'évaluer, avec la question sous-jascente: le savoir s'est-il perdu ?
De tout temps, les palais ont été réalisés avec le surplus prélevé sur le peuple: impôts dans l'Ancien régime, profits capitalistes sous le second Empire ou aujourd'hui, kleptocratie dans l'ancien bloc communiste ou dans le tiers-monde. Cet aspect ne nous concerne donc que très peu, car soit un palais est fait avec la sueur des "petits", pour un "gros", soit il n'y a pas de palais du tout, aujourd'hui comme dans l'Antiquité. Donc il ne nous appartient pas de juger un système structurellement parasitaire qui pourrait bien être un invariant anthropologique: 10% de la population fait travailler à son profit les 90% autres comme esclave (pardon: aujourd'hui on dit "salarié"), dans toutes les sociétés. Cependant, ce qui est nouveau, c'est que les "gros" existent toujours, mais ne font plus que rarement construire des palais, et lorsequ'ils ont les moyens d'en faire un (Ceocescu, Houphouët-Boigny, Emirs, milliardaires chinois...) le résultat est toujours épouvantable. Donc on a encore les gros, comme de tout temps, mais l'on n'a plus les arts qu'ils subventionnaient autrefois. Pourquoi cette décadence ? Tout simplement parceque, au moins dans le domaine de l'architecture, les architectes sont devenus nuls, ou sinon nuls, incompétents. Et les gros, tout aussi incultes, n'ont pas les moyens intellectuels de réaliser l'arnaque dont ils sont victimes. En voilà la preuve.
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| Voici une vue générale de la construction. Dés le départ, un certain nombre d'erreurs saute aux yeux dans cette composition médiocre. Tout respire, comme dans le pire Ricardo Bofill des années 80, le béton armé et le préfabriqué, dont la "culture" imprègne la façade, et une méconnaissance des réflexes minimaux de la composition classique. |
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| On perçoit une première maladresse flagrante dans l'insertion de ces deux portiques toscan. Certes, l'ensemble entre les deux portiques et la baie centrale, le tout en forme d'arc de triomphe néo palladien, est dans l'ensemble correct en soi, les colonnes supportant un entablement dorique romain qui "colle" a peu près. Mais l'intégration dans la façade, la rupture entre l'entablement surmontant la façade et celui des portiques est inacceptable: il devrait filer de manière continue. C'est d'autant plus raté que l'architrave, elle, est en continuité (plus ou moins) avec celle de la façade... On aurait préféré en outre que les petites colonnes toscane encadrant les fenêtres du rez-de-chaussée, qui semblent, ce qui est à peu près correct, faire un petit tiers de la hauteur des grandes, reposent sur le même plan à leur base, ce qu n'est pas le cas eti est une autre erreur majeure de composition. En 1880, cet architecte aurait été recalé aux Beaux-arts. Deuxième faute, la ballustrade est en porte à faux sur la corniche, horrible barbarisme réalisable uniquement en béton armé. |
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| On le voit très bien sur cette image. La ballustrade devrait évidemment être au droit de la façade et non pas sur la corniche. Comment un architecte a-t-il pu commettre une telle erreur ? Il a manifestement compilé des éléments de divers édifices ou d'élévations copiées dans des livres sans en comprendre le sens. |
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Un petit coup d'oeil sur la cour intérieure, qui dans l'ensemble est à peu près correcte. L'arcade qui est plus ou moins inspirée de celle de l'Ospedale degli Innocenti à Florence ne choque pas apparemment. Honnètement, si l'on me disait que cette composition date de 1900, je ne me méfierais pas a priori.
En résumé, c'est dommage, car au moins dans les détails, les éléments que nous avons rapidement survolés sont correctement dessinés. On a donc l'impression d'un mauvais collage photoshop en vraie grandeur. On copie, mais on ne compose pas. Passons maintenant aux décors intérieurs. |
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| On a ici quelque chose qui évoque plus ou moins les termes de Dioclétien dans l'état acuel des vestiges réutilisés dans la Basilique Santa Maria degli Angeli e dei Martiri a Rome (ci-dessous). Ce décor serait à peu près satisfaisant dans un édifice correctement composé, encore faut-il savoir si les matériau utilisés ne sont pas trop médiocres: plastique, stucs synthétiques ? Les chapitaux corinthiens des pilastres sont bien realisés et ne dépareraient pas un immeuble bougeois de la rue de la Pompe ou de l'avenue Mozart. On peut donc supposer que plusieurs dessinateurs ou architectes ont collaboré à ce palais, celui qui a réalisé ce décor étant le plus compétent, au moins dans l'habilieté qu'il a mise à copier les décors intérieur de quelque bel appartement Saint-Petersbourgeois datant de Nicolas II. |
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| Quant aux peintures, il y a hélas lieu de craindre le pire, comme on l'entr'apperçoit dans l'image ci dessous. On y découvre une croûte comme celle qui orne certains de nos bistrots parisiens, avec scènes "pittoresques" de la pire mièvrerie et de la plus vulgaire facture, quasi amateur. |
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| Pour terminer, le summum du mauvais goût, de la laideur et de la vulgarité, ce jacusi destiné à quelqu'animateur de télé enrichi ou magnat de la fripe, dont même un milliardaire koweitien ne voudrait pas. Quelle hideur que cette baignoire en fibre de verre et ce baldaquin en PVC et contreplaqué! On se croirait dans une pizzeria à La Défense... |
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La question qui demeure est bien celle ci: même avec de très gros moyens, pourquoi ne savons nous plus faire (car en France ou ailleurs ce ne serait pas mieux, voire pire) ce qu'un architecte lamda, normal, moyen, faisait sans forcer sous Jules Grévy, et ce sans faire appel à des architectes en chef des monuments historiques ou aux quelques pointures qui ont encore ce savoir-faire, tel des Greenberg, des Krier ou des feu Langlois ? Ce palais est une horreur, certes. Mais ce n'est pas parcequ'il est édifié par des voyous qu'il est raté, ce n'est pas parce qu'il est luxueux et prétentieux, ce n'est pas parce qu'il emploie un langage classique du passé. Tout cela existai autrefois: il y avait des crapules enrichies sous Louis-Philippe, du luxe insultant sou Napoléon III, de la copie de Versailles sous Armand Fallière: nous en avons hérité des chefs-d'oeuvres comme les immeubles de nos rue Hausmanniennes ou les merveilleux hôtels construits par des banquiers, des armateurs ou des industriels, qui embelissent encore aujourd'hui jusqu'aux rue de New-York ou Buenos Aires.
Ce processus s'appelle décadence, tout simplement. |
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