![]() |
|||
|
L'architecture bouge, parce que la ville bouge, parceque le monde change. Vite, toujours plus vite. Développement durable, explosion démographique, exode rural, migrations de masse, mégapoles...Le monde de demain sera massivement urbanisé: nous ne devons pas le rater une nouvelle fois. Architectes et urbanistes travaillent pour des villes meilleures, plus respirables, plus civilisées. |
|||
|
Porzamparc: Nouvel Hôtel de Région de la Région Rhone Alpe. Contre-projet. Enrobés de leurs tranquilles certitudes, jamais questionnées, les architectes contemporains continuent, imperturbablement, à transformer l'environnement urbain en lieux de plus en plus cauchemardesque. "Face aux projets proposés par Norman Foster [Saccage du Reichtag à Berlin], Engel Zimmerman (Cologne), Francis Soler (Paris) et Vasconi associés architectes [dont on évoquera, pour mémoire, l'effoyable ratage des Halles, à refaire entièrement après seulement 30 ans d'existence], c’est le bâtiment de l’architecte français qui a été définitivement adopté en 2006 pour son "ouverture, sa lisibilité, son adaptabilité et l’évolutivité des espaces intérieurs".
Qu'est-ce que la "lisibilité ?" Que veut dire ce terme fumeux ? Qu'est-ce que "l'ouverture"? Ce bâtiment est un parallèllépipède gris marron, percé de petites fenêtres en longueur, semblable à un hangar d'assemblage Airbus. "L'ouverture", autre concept creux et passe partout qui ne veut strictement rien dire, se manifeste ici par un vaste hall en porte à faux déclif, repris de son cafardeux palais des Congrès de la porte Maillot mais caché derrière une vaste façade rideau de type CNIT. Il s'agit une fois encore de l'un de ces espaces sous verrière à la mode, les "atriums", ou encore "patios", avec palmiers faméliques dans des pots (j'en fais le pari) et leur ascenceurs exterieurs (hôpital Percy, Clamart, AART Farah, arch.). Voilà pour "l'ouverture". "Cette composition", dit l'architecte, "démultiplie et diversifie les espaces, les corps de bureaux formant une chaîne continue, un unique bâtiment flexible qui serpente. Avec cette forme, c’est tout un paysage intérieur qui apparaît depuis le parvis et le cours Charlemagne et qui s’ouvre aux lumières et aux vues vers la ville, dans un jeu de pleins et de vides habités : un forum visible, une « place » du politique, une grande maison commune et accessible. » Ce n'est évidemment ni "commun" ni "accessible". L'accès en est sécurisé et fliqué comme celui de tout les bâtiments publics, faute de quoi il serait pillé et saccagé dans les deux heures. Alors que veut dire ce préchi-précha ? Simplement: "Ce que je fais est génial, je suis pour la démocratie, je suis un mec cool et en plus j'aime vraiment les gens, voire même les bêtes".
"I have a dream!" : Un bâtiment occupant la même surface SHON, ayant le même gabarit et la même affectation, mais avec une petite différence, juste une: qu'il ne donne pas envie de se flinguer lorsqu'on passe à proximité. Est-ce trop demander ? Pour 99% des architectes, oui. Ils sont incapables de sortir d'un choix cornélien : ne pas construire, ou construire, mais détruire définitivement le site. Idéologie rationaliste, anti-artistique, logique comptable et industrielle, design en guise d'emballage: leur marge de manoeuvre est quasi nulle. L'architecture contemporaine est de ce fait structurellement, congénitalement uniformément et irrémédiablement moche; il y a un vrai problème. Il faut tout revoir, de fond en comble. Les jeunes (ou moins jeunes) architectes et urbanistes peuvent se gausser de ce dessin. Riez tant que vous voulez, mais demandez vous pourquoi personne n'aime jamais ce que vous construisez. Si Francfort et Rotterdam attiraient les touristes, ça se saurait. Que faire dans ce projet ? La place était limitée et une surface était imposée, le gabarit et le cahier des charges contraignants, notamment quant à la surface de bureaux à mettre à disposition (40 000m2). Ce n'est pas une excuse. Dans un tel cas, il a semblé que les seuls partis dont on pouvait s'inspirer étaient ceux des grands hôtels, des palaces du type Negresco ou Normandy, et surtout pas d'un parlement, fût -il "régional". Retour au passé ? Oui, et alors ? Pourquoi pas ? Ne retournent-ils pas continuellement dans le passé, ces architectes et urbanistes, tous ultra-réactionnaires, qui rabâchent indéfiniment depuis un siècle les concepts des années 20, Mies van der Rohe, Adolf Loos, les 95 thèses anti-jouissance de la Charte d'Athène, etc. ? Ne serait-il pas temps d'évoluer ? De se moderniser un peu ?
|
||