Samaritaine, projet alternatif
12/11/2011 |
Le principal défaut du projet prévu pour la façade côté rue de Rivoli de la Samaritaine (le magasin côté Seine étant restauré et conservé), qui hélas verra sans doute le jour vers 2013, est sa totale inadaptation au tissu existant de la Rue de Rivoli d'une part, sa sinistre banalité fonctionnaliste d'autre part. L'un des arguments en faveur de ce projet est qu'il s'agit d'une des "très rares occasion de modernisation du centre de Paris". Il s'agit donc bien, implicitement d'un projet de rupture, d'affirmation de modernité mise en vitrine, de façadisme moderniste se servant de l'architecture patrimoniale ancienne, la vraie, comme écrin pour mettre en valeur une réalisation de design international.
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Il est évident qu'à Sarcelles, à Bercy, Place d'Italie, à Lyon La-Part-Dieu ou dans tout autre environnement moderne, c'est à dire déjà perdu quant à l'esthétique, le bâtiment ci-contre passerait à peu près inapperçu. Au contraire, dans un quartier situé en plein milieu du patrimoine le plus précieux de Paris, il profite de l'attractivité de ce centre muséifié. Autrement dit lorsqu'on proclame que "Paris ne doit pas devenir une ville musée", entendez : Paris est un musée, par conséquent il attire, c'est donc là que l'on doit mettre les réalisations modernes, afin qu'elle soient vues par ceux qui, précisément, souhaitent les éviter.
Ce rideau de verre en forme de sinusoïde n'est pas laid en soi, mais il est à craindre qu'il cache mal les aménagement intérieurs ce qui nuira à l'effet "tulle" recherché. La lourde structure en dalles superposée sera à mon sens très visible
La rénovation de la Samaritaine était donc une occasion rare de faire entrer au forceps un projet "contemporain" à deux pas de la Tour saint-Jacques, autrement dit de dénaturer le quartier, qui sera, inévitablement, moins beau avant qu'après, selon la loi inéluctable de la progression constante de la laideur. |
| Je suis opposé à la démolition des façades existantes, préférant leur conservation. Néanmoins,un argument recevable en faveur de leur remplacement est le caractère disparate de ces façades, derrière lesquelles une structure unique et transversale doit se déployer. Le dessin ci-dessous envisage donc cette démolition. Mais il s'agit de s'insérer dans le tissu de la rue de Rivoli, tout en tentant de créer une façade pourvue de nombreuses baies vitrées et, eu égard à sa longueur, bien rythmée. L'indispensable décor de façade est en accord, bien que renouvelé, avec ceux des immeubles des environs. Donner une impression d'unité n'empèche pas une certaine asymétrie. Les grandes baies vitrée verticales, faites de glaces jointives enjambent deux, voire pour les plus grandes cinq niveaux. Je ne prévois pas derrière, quelque chose de très différents du système planchers-poutres par point d'appuis isolés prévu par SANAA. Ma façade est un élément de décor non porteur, en pierre, en parement sur béton ou en enduit, cela resterait au choix de l'architecte qui le réaliserait. Un immeuble avec une façade en pierre de taille véritable peut être réalisé pour moins de 2000€ le mètre carré. |
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